TEST : Mass Effect Trilogy (PC)

L’une, si ce n’est LA saga vidéoludique la plus monumentale de ces dernières années compilée et livrée dans un écrin sobre et élégant : c’est ce que nous offre Mass Effect Trilogy, et nous n’allons pas nous en priver.

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Mass Effect : de nouveaux horizons

L’une des particularités de la saga Mass Effect est qu’elle ne peut s’envisager autrement qu’en tant qu’oeuvre triptyque. Que l’on joue aux trois opus, ou à un seul d’entre eux, on pénètre dans un univers au background fouillé, digne des plus grands romans de science-fiction et d’anticipation des années 70 et 80.

En 2148, l’humanité découvre sur la planète Mars les vestiges d’une civilisation disparue permettant de voyager à travers l’espace à vitesse supraluminique. La découverte de cet effet cosmodésique ou « mass effect » a bouleversé l’ordre économique, politique et social de l’humanité toute entière. Se forme alors l’Alliance, créée pour réunir et défendre les intérêts de toutes les nations de la Terre.

mass effect 1 trilogy test

En 2183, l’Alliance dispose d’une ambassade sur la Citadelle, située au point de convergence d’un grand nombre de relais cosmodésiques. Les tractations pour qu’un humain intègre enfin le cercle prestigieux des Spectres, un corps d’agents d’élites au-dessus des lois régi par l’instance dirigeante suprême de la Citadelle, sont sur le point d’aboutir.

Un vaisseau spatial expérimental, le Normandy vient d’être construit pour l’Alliance en coopération avec les Turiens pour tester des nouvelles techniques de camouflage et de furtivité. C’est à cet instant que l’action de Mass Effect débute et que vous prenez contact avec Shepard. Un héros dont vous pouvez personnaliser l’apparence, l’historique et l’orientation de carrière dans la plus pure tradition du jeu de rôle.

 

Au delà du jeu, un univers

Bioware, qui n’a plus à faire ses preuves en terme de maîtrise de la narration, s’est offert un cadre à la mesure de son talent : immense. Contrairement à KOTOR qui imposait le respect de certains codes, Mass Effect n’avait d’autre frontière que celle de l’imagination de ses concepteurs, une liberté de création qui se ressent à tous les niveaux (exception faite du second volet mais nous y reviendrons).

Ce qui est frappant et qui a en partie expliqué le succès de Mass Effect, c’est qu’au delà d’un scénario très prenant, chaque détail, chaque élément de gameplay trouve sa justification. De l’utilisation des armes aux interfaces holographiques en passant par les modes de déplacement ou la diversité des races extraterrestres, tout est crédible et l’immersion dans l’univers du jeu est totale.

Si sauver l’humanité de la menace des Moissonneurs est le but avoué de cette aventure, l’exploration et la compréhension de l’univers en est le principal moteur. La trilogie Mass Effect fait partie de ces rares sagas dont la portée dépasse de loin le seul intérêt ludique. Sans vraiment s’attaquer à des questions métaphysiques, le jeu implique constamment le joueur et pique sa curiosité au vif.

Les interactions avec les compagnons de Shepard, voire les romances qui peuvent éventuellement naître et se développer, les intrigues qui nous poussent à en savoir plus sur le contexte géopolitique, à explorer des planètes, l’esthétique même du jeu et son ambiance sonore magistrale ont fondé la mythologie Mass Effect, qui a passionné et passionne toujours.

review mass effect trilogy

 

Mass Effect 1 et 2 : une transition délicate

Si l’univers, l’ambiance et la direction artistique restent exemplaires de cohérence entre les trois volets, il fallait trouver le moyen de renouveler l’intérêt des joueurs à chaque nouvel opus. Exercice périlleux qui s’est soldé par un Mass Effect 2 nettement moins audacieux que son prédécesseur. Délaissant bon nombre d’aspects RPG au profit d’une orientation TPS très marquée, le sombre Mass Effect 2 laisse un arrière-goût de trahison.

Mass Effect 1 reprenait à son compte les codes du Space Opera et proposait un compromis intéressant entre RPG et action, Mass Effect 2 propose quant à lui une formule nettement plus conventionnelle. En contrepartie, cet opus aura de quoi séduire les amateurs de TPS. Armes plus précises, localisation des dégâts, IA des ennemis améliorée : les phases d’action n’ont presque rien à envier aux ténors des jeux de shoot à la troisième personne.

Malgré de longues minutes passées l’arme à la main, les liens qui unissent Shepard à ses compagnons sont plus que jamais importants et, il ne sera pas question de faire l’impasse sur la complémentarité des compétences des uns et des autres. Le lifting de l’interface a d’ailleurs du bon à ce niveau, il est plus facile et plus intuitif de coordonner son commando.

Il en va des goûts de chacun, mais il est indéniable que la perte des arbres de talents, de la gestion d’inventaire et l’architecture même du jeu ont un impact plutôt négatif en termes de rythme. De couloirs parsemés d’abris stratégiquement placés qui ne nous laissent pas vraiment de doute sur la suite des évènements, en missions secondaires peu passionnantes, on sent que c’est le scénario qui sert le gameplay, et non l’inverse.

mass effect test 3

Aspect sur lequel les deux opus sont à égalité : les features « détente » pénibles. Mass Effect nous aura offert son Mako et sa tenue de route aléatoire, Mass Effect 2 nous propose un scan de planètes ennuyeux au possible.

 

Mass Effect 3 : A la guerre comme à la guerre

Après un premier opus qui nous a superbement immergé dans l’univers du jeu, un second plus noir résolument tourné action, Mass Effect 3 ne laisse plus de place aux approfondissements et à l’exploration. Dans un monde réduit à l’état de ruine, la Citadelle s’érige en bastion du dernier espoir. Il est temps pour Shepard, notre héros aguerri et parfaitement expérimenté, de rentrer dans le vif du sujet.

Cet ultime volet aux allures de bouquet final offre finalement une justification assez intéressante de la longue phase de « recrutement » imposée dans le second opus. Pragmatisme et diplomatie, les deux axes de la personnalité de Shepard développés tout au long de la trilogie s’affranchissent de tout manichéisme, offrant au joueur le sentiment que le destin du héros n’est vraiment pas joué d’avance.

Un sentiment complété par un retour limité, mais appréciable, aux racines RPG du premier opus. Les missions principales et secondaires s’enchevêtrent de manière presque imperceptible, chacune réservant son lot de rebondissements et contribuant à une montée en puissance scénaristique qui, en dépit de quelques clichés larmoyants, nous tient en haleine du début à la fin.

L’arbre de compétences un peu plus fourni, le retour des mods d’armes viennent parfaire les améliorations de jouabilité introduites par le second opus, permettant aux amateurs d’action pure de prendre encore plus de plaisir à guerroyer. On oubliera le mode multijoueur clairement anecdotique pour ne retenir que l’essentiel : Mass Effect 3 est un bon jeu, excellent pour ceux qui auront goûté aux deux précédents opus.

mass effect trilogy

 

Mass Effect Trilogy : l’indispensable compilation ?

Bien que Bioware ait tenté de faciliter l’intégration des nouveaux joueurs via un résumé à choix multiples sous forme de bande dessinée interactive, l’artifice ne saurait remplacer le lien « affectif » qui s’est créé entre le joueur, l’univers et les personnages au fil des épisodes. Mass Effect Trilogy simplifie la démarche en regroupant les 3 opus et certains contenus additionnels à tarif préférentiel.

Sur PC, le pack contient les deux extensions de Mass Effect 1 (Pinnacle Station et Turbulences à 900.000 pieds), les contenus additionnels réseau Cerberus de Mass Effect 2 auxquels s’ajoutent l’OST, la version digitale de l’Artbook de l’édition collector, un making-of vidéo de 15 minutes ainsi que le Comics Redemption#1. Mass Effect 3 en revanche n’a droit qu’au pass online.

Fait regrettable, l’import des sauvegardes n’est pas une démarche des plus aisées, l’assistant ayant disparu de l’écran d’accueil, il faudra aller farfouiller dans les fichiers de sauvegarde, renommer le fichier et le déplacer dans le dossier adéquat pour pouvoir conserver son Shepard au fil des épisodes. Pas de quoi rebuter un pécéiste certes, mais pour une compilation conçue comme l’expérience Mass Effect définitive, on tique un peu.

Même s’il ne contient rien d’autre que les 6 DVD d’installation et un feuillet d’instructions, le coffret noir/mordoré glacé, rehaussé d’inclusions brillantes a vraiment fière allure : épuré mais élégant, l’objet tient plus du collector que du pack promo. L’obligation de passer par Origin n’est vraiment pas réjouissante, mais les bonus ajoutés sont suffisamment intéressants pour s’accommoder bon gré mal gré de cette contrainte.

mass effect trilogy contenu

En définitive, que vous souhaitez découvrir la saga Mass Effect ou la faire découvrir à un(e) ami(e), le choix de Mass Effect Trilogy s’avérera des plus judicieux, quitte à débourser quelques euros supplémentaires pour se procurer les DLC les plus pertinents…

 

Verdict : rating_stars_45

  • Un très beau coffret à petit prix, une trilogie must-have, des bonus sympathiques (OST, artbook digital, …).
  • Des DLC (et pas des moindres…) manquent à l’appel, le bidouillage surprise pour importer ses sauvegardes, Origin obligatoire.

Cet article a 1 commentaire

  1. Sarah F. dit :

    En fait, j’ai regardé précisément Mass Effect Trilogy c’est le contenu de la Mass Effect Collection de Steam (39,90 € hors soldes) + les 2 DLC de Mass Effect 1 dans une jolie boite. Ca reste avantageux je trouve, en attendant Mass Effect Ultimate Anthology super Goty Edition ou un truc du genre lol, qui regroupera TOUT.

    Après c’est sur qu’on peut payer moins cher pour ce contenu, il y a très souvent des promos en démat comme en boite. Je vois cette trilogy comme un bel objet à offrir à quelqu’un qui n’a joué à aucun des épisodes ou à s’offrir à la place du 3. Beaucoup de gens n’ont joué qu’au 3 et c’est vraiment super dommage. Pour une fois, sortir une trilogie est vraiment justifié ! Dommage que les joueurs Wii U en soient privés d’ailleurs :/

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