TEST : Contrast (PS4)

Critique de : Contrast
Version
PS4
Prix
19,99 €

Rédigée par
Verdict
3
Le 25/02/2014

En un mot :

A certains moments, Contrast brille véritablement, suffisamment en tout cas pour vivement vous encourager à le télécharger. Malgré les imperfections sus-mentionnées vous serez assurés de passer un bon moment en compagnie de Dawn et de Didi. Pour ceux qui n’ont pas pu bénéficier de la gratuité du titre via PSN+, attendre une baisse de prix ou les soldes Steam s’impose.

A l’exception de Papa & Yo et de quelques autres, rares sont les jeux vidéo qui abordent le sujet épineux de la souffrance infantile. Bien que Contrast ne mette pas véritablement l’accent sur le dramatique, il n’en demeure pas moins le récit d’une enfance en déficit d’attention, celle de Didi, une petite fille qui comble l’absence du père avec Dawn, une amie imaginaire aux pouvoirs étonnants.

L’histoire de Dawn et de Didi se déroule en plein cœur des années 20. Dès les premières minutes de jeu on se retrouve plongé dans une atmosphère très singulière, presque surréaliste, qui rend hommage renouveau culturel et artistique des Années Folles : le jazz, le music-hall, le théâtre, le cirque, le spectacle de magie, l’architecture Art Déco…

Chacun des personnages fait écho à cette vision fantasmée d’un monde qui s’amuse pour tromper le malheur, à commencer par l’attachante Didi qui nous guidera tout au long de cette aventure. Bien que nous incarnions Dawn, c’est véritablement elle l’héroïne, Contrast raconte, à travers des puzzles à résoudre, comment cette petite fille tente de « réparer » sa famille brisée.

 

Jeu d’ombres et de lumières

contrast screenshotContrast prend la forme d’une pièce de théâtre d’ombres découpée en 3 actes durant lesquels Dawn sera amenée à résoudre différents puzzles. Hormis Didi et Dawn, tous les personnages de Contrast ne sont que des ombres projetées sur les murs. On ne peut que se placer en témoin des évènements qui se déroulent devant nos yeux à l’exception de quelques (trop rares) moments où ces projections font partie intégrante d’une énigme.

Le gameplay s’appuie sur la capacité de Dawn à « se projeter » et à se déplacer dans le monde des ombres. En pratique, dès qu’une zone est éclairée on peut passer du monde de la lumière (à explorer en 3D) à celui de la lumière (un plateformer 2D). Les capacités surnaturelles de Dawn lui permettent de courir sur les ombres, de traverser les ombres fines ou de déplacer des objets entre les deux mondes.

Certes limitées, ces différentes interactions donnent lieu à des défis intéressants dont le niveau de difficulté ne vient pas trahir l’immersion. Contrast n’a clairement pas vocation à malmener le joueur, on sent bien que le jeu a été conçu pour nous faire profiter d’un spectacle de tous les instants, un spectacle dans lequel nous tenons naturellement le premier rôle.

Certains passages, à l’image du spectacle de marionnettes improvisé auquel doit participer Dawn, sont géniaux à proprement parler. Mini-jeu dans le jeu, cette énigme nous offre un véritable bol d’air frais en alliant habilement le gameplay de Limbo et la narration de Trine : jouissif !

 

Des ombres au tableau

contrast-test-01En dépit de son concept novateur et de son aspect graphique très séduisant, Contrast n’a de cesse de nous rappeler son potentiel gâché. L’originalité du thème et du procédé de narration ne suffisent pas à masquer la pauvreté du scénario et le manque de charisme de Dawn. Alors qu’on pourrait facilement comparer Didi à la Clémentine de The Walking Dead, le personnage de Dawn n’a malheureusement aucune profondeur.

La chanson House on Fire interprétée par la chanteuse de jazz Laura Ellis, que l’on a pu découvrir dans le trailer et que l’on retrouve au début du jeu, laissait présager le meilleur concernant la bande-son. Déception là encore, il vous faudra tendre l’oreille par la suite pour ne serait-ce que percevoir une musique d’ambiance.

Si la jouabilité souffre également de quelques défauts (contrôles imprécis, caméra capricieuse, framerate aléatoire), c’est du côté de la durée de vie que le bât blesse le plus : comptez 3 heures pour assister au tomber de rideau… Cette durée de vie, acceptable pour ceux qui ont obtenu leur exemplaire gratuitement via Playstation Plus, est bien trop courte pour un jeu qui affiche un plein tarif à 14,99 €.

Le listing des doléances semble impitoyable mais il est à la mesure de nos espoirs déçus : alors que Contrast avait tout pour inscrire son nom au panthéon des jeux indé de l’année, il souffre de sérieux handicaps et déçoit trop souvent une fois la manette en main. Un constat franchement regrettable et d’autant plus amer que l’ambiance et la direction artistique sont excellentes.

A certains moments, Contrast brille véritablement, suffisamment en tout cas pour vivement vous encourager à le télécharger. Malgré les imperfections sus-mentionnées vous serez assurés de passer un bon moment en compagnie de Dawn et de Didi. Pour ceux qui n’ont pas pu bénéficier de la gratuité du titre via PSN+, attendre une baisse de prix ou les soldes Steam s’impose.



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