Double Fine questionne le prix des jeux indépendants

Citant pour exemple sa politique maison, Double Fine met en garde les développeurs indépendants sur les dangers de la dévaluation de leurs produits. Justin Bailey a exprimé son inquiétude à propos du revers de la médaille des bundles et autres soldes réduisant drastiquement le prix de vente des jeux indépendants. En donnant trop pour trop peu, a-t-il averti, les développeurs indépendants pourraient se retrouver dans une situation similaire à celle dont est victime le marché du jeu vidéo casual.

Je pense que les indés doivent faire attention à ne devenir pas les nouveaux jeux casual. Les indés ont une approche artistique du jeu vidéo, ils essaient de faire preuve d’innovation, mais la teneur actuelle du marché du jeu vidéo les pousse de plus en plus à casser les prix où à commercialiser leurs créations à tarif groupé.

- Justin Bailey, pour US Gamer

En clair, Justin Bailey estime qu’une politique prix trop agressive pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté : comme dans le marché du jeu vidéo sur mobiles, les développeurs auraient de plus en plus de difficultés à faire connaître leurs créations, tout en prenant un risque financier tel que seuls des chiffres de vente énormes leur permettraient de compenser les frais de développement.

En poussant la réflexion, on peut même affirmer que des prix trop bas vont à l’encontre de l’esprit même du jeu indépendant. Depuis toujours, le jeu indépendant ambitionne de proposer des expériences nouvelles et originales, ambition rarement compatible avec des objectifs et impératifs de vente importants.

En tant qu’éditeur, Double Fine souhaite combattre cette tendance au discount et encourage vivement les développeurs à pratiquer des tarifs « premium », à bien choisir les plateformes de distribution et à étudier les propositions qui leur sont soumises par les éditeurs.

Double Fine n’est pas le premier à exprimer sa préoccupation sur la tendance des indies à pratiquer des prix trop bas. Jason Rohrer, créateur de Castle Doctrine avait déjà tiré la sonnette d’alarme dans un article publié sur gameindustry en janvier dernier. Cliff Harris est allé encore plus loin, suggérant que les prix influent sur la façon dont les joueurs voient et interagissent avec les jeux qu’ils achètent.

La décharge d’adrénaline provient désormais du fait de faire une bonne affaire, plus du plaisir de jouer au jeu.

- Cliff Harris, Game-Designer et fondateur de Positech Games (source)

Difficile de contredire cet avis lorsque l’on fait le bilan honnête des jeux vidéo achetés en bundle ou lors des soldes Steam auxquels on a vraiment joué. A méditer…



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